Publié en 1947 dans la collection « Science et Humanité » dirigée par Roger Simonet, ce premier ouvrage d'Albert Ducrocq (alors conseiller technique de la Section Astronautique française) déploie en onze chapitres et un appendice les conditions techniques et les implications civilisationnelles du voyage interplanétaire à l'âge atomique. L'auteur examine la fusée interplanétaire à combustible liquide, esquisse le plan d'un astronef nucléaire de trois mille tonnes propulsé par éjection directe de produits de fission, étudie successivement la Lune, Mars, Vénus, Deimos et Phobos puis le « fief des autres mondes », avant de déployer une argumentation originale (la « loi logistique de l'humanité ») qui érige la conquête spatiale en condition de survie démographique et politique du genre humain. Les deux derniers chapitres extrapolent vers la vie extraterrestre et la « désintégration macroscopique » : utilisation des astéroïdes comme escales et véhicules, modification d'orbites planétaires, ingénierie systémique du Soleil par « mondes-robots ». L'appendice technique fait le point sur la dématérialisation et le moteur nucléaire au lendemain du rapport Smyth.